Feed on
Articles
Commentaires

C’est un des sujets de la campagne des municipales : les Lillois vont-ils, oui ou non, bénéficier d’un système de location de vélos comme à Paris, à Lyon et pas mal d’autres villes ? “Oui, assure Martine Aubry, mais avec une organisation un peu différente de ce qui se fait ailleurs…”. En attendant, c’est à Sarkozy que Martine a offert une bicyclette de compétition. 3 500 euros pour un vélo. Avec un tel engin, on doit aller vite. Ce qui ne doit pas déplaire à Speedy Sarko.

Un autre style de bécane a fait son apparition depuis un an ou deux à Lille : le cyclo. Deux places à l’arrière et un pédaleur (on ne peut quand même pas le qualifier de “chauffeur”) qui vous emmène où vous voulez pour quelques euros. Pour l’instant les clients ne semblent pas se bousculer. C’est dommage car ces cyclos, encore trop peu nombreux, donnent un petit air asiatique à la capitale des Flandres. Ah, toujours ce besoin de déguisement…. Désolé !

Lille aux masques

dscn0600.jpg

dscn0591.jpg
Lille vue d’en haut. Un rituel : chaque mois de décembre la Grande Roue prend ses quartiers sur la Grand Place. A d’autres moments de l’année, ce sont les manèges qui s’installent sur le Champ de Mars. Depuis deux ou trois ans, une “chenille” ondule à toute vitesse face à l’opéra… De plus en plus souvent la ville retombe en enfance, s’amuse gentiment, se laisser aller au gré des flonflons. Mieux que cela : la ville se déguise ! En 2004 - Lille était alors capitale culturelle européenne - une maison de thé chinoise traditionnelle a été temporairement installée en centre ville. En 2006, dans le cadre du programme Lille 3000, la gare de Lille Flandresgare-bombay.jpg a été maquillée pdscn0487.jpgour devenir l’espace de quelques semaines la gare de Bombay… Ainsi la ville change régulièrement de visage, comme une femme avancée en âge qui ne supporterait plus son reflet dans le miroir. Sans vouloir paraître grincheux, on peut quand même s’interroger sur cette soudaine culture du travestissement permanent. Où est vraiment Lille dans tout cela ?

Le quartier autour de la préfecture et du Musée des Beaux-Arts est bouclé depuis ce matin de bonne heure. Des camions embarquent vers la fourrière toutes les voitures qui trainent sur les places de parking. Des compagnies de CRS refoulent - sur un ton pas toujours chaleureux - les piétons qui voudraient simplement traverser la rue et aller au boulot. Les taximètres du boulevard de la Liberté ont été nettoyés et brillent comme des sous neufs (sans blague). Il est à peine 9 heures, et “on l’attend”. Qui ? Un puissant monarque manifestement. En fait, Sarko. Il a choisi cette bonne ville de Lille, et les lustres de la préfecture, pour s’adresser à l’ensemble des fonctionnaires français à l’occasion des voeux.

Il n’aura pas le temps, dit-on, de se rendre chez Martine Aubry (maire de Lille), chez Daniel Percheron (président du Conseil régional) ou Bernard Derosier (président du Conseil général), tous élus socialistes. Mais il effectuera (à pied s’il vous plaît) une petite visite au siège de campagne de Sébastien Huyghe, candidat UMP à Lille aux élections municipales de mars 2008. Il va y avoir de la tension dans l’air côté sécurité. On ne sait jamais : un dangereux gauchiste, caché dans la foule des badauds venus assister au spectacle, pourrait bien laisser échapper un soupir de mécontentement.

Demain, dernier jour de “l’expo Pinault” au Tri Postal. Il y a quelques mois, personne n’y croyait : le milliardaire qui avait déjà installé 10% de sa collection personnelle d’art contemporain dans le Palazzo Grassi à Venise, a consenti à en montrer dix autres pour cent à Lille, pendant quelques mois… On comprend qu’avec des coups pareils, le Lillois pourrait prendre la grosse tête !

Une des dernières inventions lilloises pour attirer les touristes (essentiellement britanniques) : installer en plein coeur de la ville un “marché de Noël”. Depuis quelques années, une cinquantaine de petits chalets montés à la hâte début décembre place Rihour proposent mille et une pacotilles aux badauds en panne d’idée de cadeaux de fin d’année.

On est loin hélas des vrais marchés de Noël, comme il en existe en Allemagne, où l’on se retrouve entre collègues de bureau en fin de journée autour d’un vin chaud. Comme dans bien d’autres villes, on a simplement importé une manifestation qui ne correspond à aucune culture locale et qui de ce fait n’est rien d’autre qu’une machine de plus à faire tourner le tiroir-caisse.

Older Posts »